anima FLE

Wednesday, September 20, 2006

RAPPORT Bernard FLE octobre 2005- juin 2006

RAPPORT D’ACTIVITES 2005-2006


1. FLE DEBUTANT


le groupe

Une quinzaine de participants au long de l’année et une dizaine de « fidèles ».
Les raisons des désistements momentanés ou définitifs sont connues : l’un est retourné trois mois au pays pour raison familiale, deux ont acheté une maison et y ont emménagé, une autre est partie habiter en Flandres, quelques petits cas de maladie. Le fait est assez rare pour le pointer : à chaque fois, j’ai été prévenu de visu, ce qui m’a permis de moduler le contenu des « cours » (des révisions de-ci de là, …) afin entre autre de ramener les absents momentanés dans le bain.
Trois personnes sont arrivées en cours de route (second trimestre).
Majoritairement féminin (un seul homme, accepté et acceptant !), de diverses origines (Turquie, Pakistan, Afghanistan, Bulgarie, Algérie, Nigéria, …), le groupe a fait montre aussi d’une solidarité spontanée peu commune (particulièrement au niveau des matières vues).
Point d’orgue : l’invitation du groupe entier dans la nouvelle maison acquise par deux participantes turques (belle-mère et belle-fille), invitation organisée entre-eux en toute autonomie et à laquelle je n’ai d’ailleurs même pas participé (cause de congé maladie).
Niveau FLE du groupe : fracturé en deux « clans », aucun vocabulaire français pour le premier, communication pour le second. J’avais fait le pari du « soutien » du premier par rapport au second. Pari gagné, apparemment.

le contenu des animations FLE (à titre indicatif)

OCT-DEC 2005
Présentation/rédaction fiche test
Test niveau du groupe
Latéralité dans l’espace
Les couleurs, les chiffres, les nombres, les opérations
Les mesures
Les jours de la semaine, les mois
Les vêtements
La famille
Est-ce que ?
Fruits et légumes
Le corps humain
La phonétique de base
L’appartement, la maison
Les meubles, les appareils ménagers et le multimedia
Le village, la ville
Re-latéralité (à pieds, en voiture, en métro, en train, …)
FEV-JUIN 2006
Révisions
Recette de cuisine
Le corps humain (organes internes)
Les maladies (la tuberculose)
Organisation des mots dans la phrase
Les sons, prononciation des consonnes
Informatique (word)
Les verbes d’action et autres
Les achats
Au téléphone (SAV 4 – Pourquoi pas !)
Compréhension textes écrits par FLE MED
Passé composé, présent, futur proche
Verbes avoir et être
Comparaison d’images
Recherche sur Internet
Révisions, tests de niveau individuel
Le français dans la vie quotidienne
les méthodes, moyens et supports
diversifiés, en fonction des besoins et/ou des demandes du groupe
basés sur mon expérience personnelle, un schéma articulant les matières à visiter
testing de nouvelles approches

un des moyens

Lecture plus – (ACCES éd.)
surtout la banque d’image s/base phonétique, verbes d’action, adjectifs, …

J’avais testé ces pages d’images au troisième trimestre de l’an dernier, à vrai dire sans trop de conviction, mais en quête de nouveaux supports visuels.
Deux éléments importants me sont néanmoins apparus : d’une part, leur agencement par « sons » qui permettait de différencier phonétiquement par exemple u et ou, p, b et d, k et s, etc. (mais encore orthographiquement – ex : en, an, in, ain, ou c et ç) et, d’autre part, de la récurrence au long des séquences des images selon les divers sons-syllabes des mots (ex : rai-sin, pois-son, am-bu-lan-ce, …) qui permet à terme à une mémorisation orale et écrite des mots.
Aussi ai-je tenté cette année de m’appuyer davantage sur cet outil en enrichissant son usage.
Un vocabulaire hors contexte n’a selon moi guère de sens.
Contextualiser chaque série de mots en fonction des matières traversées a bien plus de sens et apporte aussi le non-sens ou d’autres thématiques inattendues.
Exemple : « Bonjour, Madame, est-ce que vous vendez des pelles, des pantalons, des parapluies, des poires, des… policiers ? » Le non-sens apparaît subitement, non sans humour. « Non, Madame, je n’ai pas de policiers mais des pandas ! ». « Ah bon ? Et est-ce que ça se mange, un panda (ou de l’hippopotame !) ? ». Pas dans mon pays… Chez moi, oui…
Et vogue le dialogue, voire le débat, en parfois très peu de mots.

Les pages de verbes d’action m’ont encore permis d’introduire des bases de conjugaison (groupes er : marcher… je marche…mais lire… tu lis, nous lisons… et écrire… elle écrit, vous écrivez, … etc.) et de grammaire (compléments : je marche où ? avec qui ? quand ? )

les effets concrets des apprentissages

Ce n’est pas à mon sens en une seule rencontre que l’on peut soulever des effets concrets et, même, encore faudrait-il que le/la participant(e) ne fasse pas lui-même confusion entre « rencontre individuelle » et « examen oral » !
Les effets concrets se constatent toute l’année durant.
Ex : une participante qui me dit réviser les mots en faisant sa vaisselle, un autre qui me raconte les chaînes de télé francophones qu’il regarde, une troisième qui m’explique qu’elle comprend mieux le journal de classe de son fiston, une autre encore qui commence spontanément (et correctement) une phrase « Monsieur, est-ce que je peux… » mais qui, faute de suffisamment de vocabulaire, ne poursuit qu’en phrases déstructurées (langage Tarzan), voire des moments de pause où, en individuel, ils osent parler avec moi dans le français approximatif qu’ils connaissent mais aussi où tous communiquent entre-eux en français (forcément, vu leurs diverses langues d’origines), …et j’en passe.
Bien vu, bien entendu, le FLE suit souvent une autre logique que celle de l’alphabétisation !

activités ponctuelles

autour de l’achat immobilier

16, 13, 17 et 20/03/06 Animations s/ thèmes de la maison/l’appartement (les pièces, les meubles), de la location (petites annonces, contrat de bail, …) et de l’achat immobilier (emprunts, prix, rénovation, transformations, …) + préparation autonome du groupe à la visite de la nouvelle maison acquise récemment par deux participantes de la même famille – 4 x 2h00 (10 participants)

23/03/06 Les apprenants vont prendre le café pendant les heures de cours chez deux des participantes – 1 x 3h00 ( 8 participants)

24/03/06 Feed back en table de conversation – 1 x 1h00 (8 participants)



conclusion pour ce groupe FLE DéB

Pour rappel mes congés maladie de tout le mois de janvier ont déstabilisé le groupe. Il a fallu jusque mi-février pour que les participants reviennent plus ou moins régulièrement, et re-belote après les vacances de carnaval et un mini-congé maladie en sus… tout était à nouveau à refaire, tant bien que mal.
Sinon, comme déjà sous-entendu ci-plus haut, rien que du bonheur !
C’est là que l’apprentissage convivial a pu avoir du sens : il est assez rare qu’un groupe crée spontanément une dynamique interne à l’initiative de quelques participants, entre autre deux d’entre eux qui revenaient pour la seconde fois en FLE DéB. Ces deux-là se sentaient chez eux, s’étaient appropriés « l’école », et ont fait tache d’huile. C’est là également qu’un travail social communautaire au sein de l’apprentissage peut également trouver son sens..

Plus strictement pédagogiquement, les progrès de chacun/e ont été très rapidement repérables et observables, d’autant plus que certains suivaient les cours avec beaucoup d’assiduité.

L’an prochain, cinq sont censés se réinscrire : trois passent en FLE MED, une repasse un sas de FLE DéB avant d’envisager d’aller plus loin, une dernière reprend le FLE DéB au départ car elle s’est inscrite en cours d’année (février).
Pour la plupart, le fait que le FLE MED soit en soirée constitue un frein (pour diverses raisons personnelles) ; mais je ne vois pour le moment guère de solution, à moins de créer deux groupes FLE en journée, un DéB et un MED, ainsi qu’un MED en soir, …en quel cas deux formateurs FLE seraient absolument nécessaires.


2. FLE MEDIUM

le groupe

Une quinzaine de participants au départ, d’origines diverses (Maroc, Algérie, Turquie, Colombie, Bulgarie, Ghana, Roumanie, Brésil), 2/3 féminin, 1/3 masculin.
Désistements en cours d’année : l’une est enceinte et va accoucher au pays, trois ont trouvé un travail, dont l’un rencontre ses clients (bâtiment) en soirée, un autre a été longuement malade, une autre encore est retournée au pays (problèmes de papiers), un autre encore (un ancien) ne trouvait pas le niveau du cours assez élevé, … Même si j’ai été mis au courant de toutes ses raisons, il n’empêche que l’effritement du groupe ne facilitait guère la démarche pédagogique. Cela a également provoqué la difficulté de créer une quelconque dynamique de groupe : les sous-groupes de plus ou moins même origine sont restés soudés. Il y a parfois même eu quelques tensions (sages, au demeurant) entre Pays de l’Est/ Turquie et Maroc/Algérie. Tant et si bien que de nouveaux arrivants ne sont pas restés et que le groupe était disloqué dès le mois de mai. Evidemment le fait de mon congé-maladie de janvier n’a guère arrangé les choses.
Le niveau de base en français était plus ou moins homogène mais trois personnes (Turquie/Maroc) qui avaient appris à parler français « sur le tas » n’avaient pratiquement aucune connaissance en lecture/écriture.
Bref et comme quoi : un groupe n’est jamais équivalent à un autre !

le contenu des animations FLE (à titre indicatif)

OCT-DEC 2005
Présentations orales et écrites + (correction)
De, d’ et du (je viens du Maroc, je viens de Bulgarie, je viens d’Egypte)
Le retard (raconter anecdote du passé avec un retard)
Bonjour dans toutes les langues / Le présent dans tous ses états)
Verbes utiles / Verbe être dans tous ses états
Les pronoms personnels
Le futur dans tous ses états/Le futur proche
Il / On / Les prépositions
Discrimination de sons, différenciation
Passé composé et intro aux autres conjugaisons utiles (modes et temps)
Visite du Bescherelle
Le complément du verbe
Structuration de la phrase
Les sons faux-frères
FEV-JUIN 2006
Le nom propre et commun / nombre et genre
Recherche au dico / Mots flêchés
Caractères et qualités / Contraires
Les expressions de temps
Lecture et compréhension de textes
Articulation de la phrase
Liaison phonétique
Mais
Définir les mots

les méthodes, moyens et supports

diversifiés, en fonction des besoins et/ou des demandes du groupe
basés sur mon expérience personnelle, un schéma articulant les matières à visiter
testing de nouvelles approches

un des moyens

Mes fréquents voyages en train m’ont suggéré l’analogie entre un convoi ferroviaire et la structuration des phrases en français. A présent, je l’utilise tout au long de l’année : oui, nous jouons au train électrique !
Par exemple, le conducteur est « le sujet qui anime », la locomotive est « le verbe », les wagons sont « les compléments », les points d’attache des wagons sont «les prépositions » et quand il n’y en a pas, il s’agit de wagons à plusieurs compartiments (idem pour les « compléments de nom, adj. qual., etc. »), deux trains qui se scindent en chemin ? Ce sont « les conjonctions » ou…, et ainsi de suite.
De même, aller d’une gare à l’autre, c’est une voie de « communication » et arriver en gare à la bonne voie (voix ?), c’est « message arrivé et reçu » ; et même le « feed-back », les « compléments en début de phrases », les retards SNCB ou les changements de voie y trouvent leurs analogies…
Cela n’a l’air de rien, mais cet artifice contribue énormément à la compréhension et à la structuration du discours parlé ou écrit, même si (par choix et pour ne pas encombrer les mémoires) je ne parle que très peu en termes de grammaire, sauf « dans le coin supérieur gauche du tableau, pour celles et ceux qui veulent faire de l’excès de zèle, le nez dans une grammaire ou dans les exercices que je leur propose sur le gratis-Net ».

les effets concrets des apprentissages dans la vie quotidienne.

Outre le fait que les participants ont filé entre mes doigts comme des poissons, j’aurais assez difficile de situer le niveau de connaissance actuel de chacun(e), excepté deux ou trois plus « fidèles » dont j’ai pu remarquer l’évolution en cours d’année. L’une (Bulgarie) entre en formation qualifiante l’an prochain (Aide-familiale), une autre (Colombie) compte bien élargir son milieu, son entourage, pour pratiquer davantage. La troisième recherche un cours avec plus d’heures/semaine.
C’est également lors des moments de pause que j’ai pu les « surprendre » dans leur pratique réelle de la langue, toujours positivement, du reste.
Je pense que ces instants sont à privilégier : nous avons souvent de réels dialogues en tête-à-tête et, quant aux autres, cela consiste le plus souvent en une table de conversation informelle.

activités ponctuelles

sur la comparaison des pays d’origine avec le pays d’accueil
(prétexte grammatical : les conjonctions « mais » et « et »)

18/04/06 Animations orale et écrite s/le thème « ce que j’aime dans mon pays, c’est… mais… » 2 h 00 (7 participants)
20/04/06 « ce que j’aime en Belgique, c’est… mais… » - 2 h 00 (9 participants)

(pour le contenu des textes, cliquer sur http://animafle.blogspot.com/ )


conclusion pour ce groupe FLE MED

Je pense que toutes les difficultés rencontrées avec ce groupe ont déjà été émises au début de ce rapport.
Il me semble que le fait d’avoir été malade en janvier 06 a quelque peu cassé le rythme de l’année, à savoir que, d’ordinaire, j’articule deux modules pour une année FLE MED SOIR, d’octobre à février et de février à juin (cf rapports précédents)
Cela n’a donc pas été envisageable, d’autant plus qu’un court congé maladie en début mars a moins encore facilité la reprise.
D’autre part, le hasard des inscriptions a produit deux clans « culturels » (Musulmans et Pays de l’Est) qui – je le sais par expérience - ne sont pas toujours faciles à rendre compatibles. Comme quoi les circonstances dépassent parfois les compétences, ou vice versa.

Néanmoins, au niveau du travail TIC avec quelques membres de ce groupe, les résultats sont réels : deux participants que j’ai coaché ont créé leur weblog en guise de carte de visite professionnelle (un en travaux de bâtiment et l’autre pour tous petits travaux – nettoyage, couture, garde d’enfants, …) et quatre autres ont objectivement évolué dans leur approche et leurs recherches (utile ou non) sur Internet. (Cf. plus tard rapport d’activités sur http://animatique.blogspot.com/).


3. CONCLUSIONS GENERALES

En plus des conclusions de chaque sous-rapport


Le petit souci de tension entre les deux « clans » au sein du groupe FLE MED m’a rappelé l’importance d’avoir (ou d’acquérir) des compétences en « dynamique de groupe ».
A mon sens, pour le/la formateur/trice, une telle compétence est nécessaire, voire indispensable, et parfois bien en-deça (et en amont) de l’apprentissage « brut » de la langue.
Briser l’esprit de clan, être médiateur/trice à l’occasion, composer des sous-groupes, etc. sont des outils essentiels à acquérir et à perfectionner, tout autant (sinon plus) que les aspects pédagogiques de l’apprentissage.
Il me semble que cet aspect essentiel du métier de formateur/trice n’est guère ou pas du tout évoqué, tant en interlocales qu’en « réunions pédagogiques ».
Et c’est dommage ! Je dirais même plus : pédagogie sans dynamique de groupe ressemble parfois à une voiture (ou un vélo) sans… roues (ou en roue libre !).


… perspectives à court terme ?


Lier davantage les cours de FLE au TIC, en introduisant très tôt l’approche du gratis-Net (exercices, règles, etc.)
Utiliser la formule blog pour chaque groupe FLE (journal de classe, carnet de bord), avec les prépas, les évaluations, les règles de français, leurs productions écrites ou autre, etc.
Inventorier coanimations possibles avec collègues
Inventorier les demandes TIC des partenaires par rapport à leurs apprenants


… perspectives du 4/5ième temps


Enfin, le passage à 4/5ième temps ne me permettra pas de finaliser tous les objectifs que je me suis fixés.
Ce sera à moi de dégager assez rapidement les divers points de priorité.

Bernard / juillet 2006

Tuesday, April 25, 2006

MON PAYS et la BELGIQUE

Voici ce qu'ils en pensent...
Au MAROC, il y a la nature, la montagne, la mer, le soleil et la cuisine
MAIS il n’y a pas de liberté pour les femmes et pas de travail, il y a un manque d’amabilité, un manque d’hygiène dans les snacks et des accidents de voiture avec des conducteurs sans permis.

Majida, Zoubida

En TURQUIE, c’est bien pour les vacances, avec de l’argent … MAIS il n’y a pas de démocratie, pas de travail, pas de sécurité sociale et il y a aussi beaucoup de terrorisme.

Durmus, Arif

En BULGARIE, il y a une bonne cuisine, des jolies femmes, la nature, une Culture et une Histoire ;
en ROUMANIE, il y a la nature, un beau relief, des traditions, la gastronomie, mon village et ma famille…
MAIS, dans les deux pays, il y a des problèmes politiques, il n’y a pas de travail, les prix montent, il y a l’inflation et la pauvreté.

Aneta, Juliana, Yvon

En COLOMBIE, les paysages sont très verts et c’est très touristique … MAIS la politique n’est pas « propre » elle est trop libre, trop laxiste : tout le monde fait n’importe quoi.

Ana

En BELGIQUE,
il y a la sécurité sociale, des petites villes et des villages propres, des gens gentils, chaleureux, un respect et une bonne entente, une égalité entre les gens, un bon accueil dans les écoles des jeunes qui viennent d’arriver (primo-arrivants) ; ici, les parents ne vivent pas que pour leurs enfants : quand les enfants ont 18 ans, chacun peut faire sa vie de son côté
MAIS
il y a aussi beaucoup de pluie, beaucoup d’étrangers et de pays d’origine et ça fait des problèmes (des personnes pas gentilles, pas propres, …), beaucoup de trafics (de voitures et de drogues, par exemple), beaucoup de clochards partout (SDF - Sans Domicile Fixe) et beaucoup de jeunes bizarres (piercings, coiffures en couleur, …).

Jeudi 20 avril 2006
En oral avec Ana, Aneta, Arif, Durmus, Juliana, Majida et Zoubida
transcription aussi fidèle que possible de Bernard

En ALGERIE, il y a la nature représentée par des montagnes, la mer (12000 kilomètres de côte), du soleil (8 mois sur 12), des fois beau temps, des fois mauvais temps et de la neige. Il y a aussi des rivières, le Sahara, ses vestiges Hoggar, les dunes, le chemin de fer.
Il y a aussi des gens gentils et accueillants, des touristes, surtout vers le sud.
Mais hélas, il y a la jeunesse (70 % de la population) au chômage.
On fait de la bonne cuisine, des gâteaux.
Il y a heureusement la sécurité sociale.
Dans quelques grandes villes et à la capitale, Alger, la femme est libre et peut travailler.
Je suis désolée et déçue par le terrorisme qui persiste.
De temps en temps, il y a des gens riches mais un grand nombre de gens sont pauvres par injustice et le logement manque beaucoup.
Nous avons nos chanteurs de raï, nous avons du pétrole et du gaz et on est musulmans.
Un dernier mot : je dis aussi que j’aime mon pays mais heureusement maintenant je vis en Belgique.

Correction d’un texte manuscrit fait à domicile par Karima (FLE DEB) 24 avril 2006.

LE RETARD, petites histoires...

L’an dernier, un diaporama (mini roman photo) avait été réalisé avec des apprenants en alphabétisation, dans le cadre d’animations conjuguées, atelier d’écriture et atelier informatique. Le thème traitait précisément du « retard », phénomène récurrent qui touche de nombreux participants aux cours.
Aussi, dès les premières semaines, j’ai abordé ce problème de manière préventive avec le nouveau groupe FLE MEDIUM.
Nous avons visionné le diaporama et parlé des conséquences possibles d’un bête retard selon différentes situations (médicale, d’embauche, de travail, etc., voire de rendez-vous amoureux).
Je leur ai ensuite suggéré de repêcher un souvenir personnel sur le sujet, de prendre quelques notes pour pouvoir le raconter au groupe.
L’un a écrit un petit texte, un autre quelques notes en effet, une autre encore semblait mettre de l’ordre dans ses idées, d’autres enfin ne trouvaient rien à raconter ou peut-être ne savaient pas comment s’exprimer en français.


LE RETARD

Groupe FLE Medium
Mardi 18 octobre 2005, 18h00/20h00
Lire & Ecrire Bruxelles
Locale Zone Ouest
Oral / Transcription : Bernard (j’ai respecté au mieux leurs histoires et leur façon de s’exprimer)


L’HEURE AFRICAINE (Séverin)

Nous sommes en 2002, à Douala au Cameroun.
Un jour, j’avais rendez-vous avec mon frère. Je l’attendais à la maison. Mes parents n’étaient pas là et j’étais seul.
Mon frère m’appelle au téléphone et me dit qu’il sera en retard. Je lui demande le pourquoi de son retard. Il me dit qu’il y a eu des embouteillages.
Pourtant, on avait rendez-vous à midi et il est maintenant 18 heures.
Il est très en retard.

LA MECHANTE PETITE FILLE (Juliana)

Il y a douze ou treize ans, j’étais encore à l’école en Roumanie.
Un jour, le cours avait commencé et un élève de la même classe que moi était arrivé en retard.
« Pourquoi tu es en retard ? », lui dit le professeur. « J’ai oublié mon cartable dans le bus, Monsieur ! », dit l’élève, debout devant notre bureau.
Pendant qu’il parlait avec le professeur, j’ai tiré sa chaise vers l’arrière.
Il s’est assis… et est tombé par terre.
Tout le monde a ri.

EN VOYAGE CHEZ LE MEDECIN (Abdelaziz)

Il y a trois ans, en France, j’étais avec un ami et nous sommes partis en France pour qu’il fasse des analyses médicales.
Mais il y a eu un problème de train.
Nous sommes arrivés en retard chez le médecin.
Nous avons dit : « Excusez-nous, Docteur ! Mais il y a eu un problème avec le train…».
Il nous a dit « Pas de problème ! Je comprends… »


LA VOITURE ROUGE (Valeriya)

C’est arrivé à une copine, il y a deux semaines, ici, à Bruxelles.
Elle a reçu une proposition de boulot à Anvers d’un certain Olivier. Olivier a pris rendez-vous pour elle avec quelqu’un d’autre pour l’emmener en voiture à Anvers. C’est un garçon arabe, qui s’appelle Mohamed et qui a une voiture rouge
Elle arrive au lieu de rendez-vous, à côté de l’arrêt de bus et elle attend, 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes.
Mohamed est en retard.
Une voiture rouge s’arrête. Elle ouvre la portière et dit « C’est toi, Mohamed, pour le boulot ? ».
Ma copine ne parle pas bien français.
« Oui ! » et la voiture démarre, mais elle ne va pas vers l’autoroute.
Elle dit : « On va où ? ».
Il dit : « Chercher du boulot ! ».
Elle dit : « Où ? »
Il dit : « Chez moi, à la maison… ».
Elle dit : « Tu connais Olivier ? ».
Il dit « Non ! ».
Elle crie : « STOP ! Excusez-moi, je me suis trompée… Remettez-moi où j’étais ! ». Et elle essaye d’expliquer son histoire dans son mauvais français.
L’homme la ramène à l’arrêt du bus.
Un quart d’heure plus tard, une voiture rouge s’arrête.
C’est le vrai Mohamed.


Par la suite, nous avons fréquemment repris ces petits textes pour rebondir, sur la grammaire, la conjugaison, etc.

Wednesday, April 05, 2006

RAPPORT Bernard FLE octobre 2004 - juin 2005

Un rapport d'activités est souvent ardu à lire, c'est pourquoi je m'essaie à les rendre le plus digeste possible. Et puis, il faut bien commencer par un bout, n'est-ce pas ?

Objectifs généraux de l’année FLE

1. dans quelle mesure ont-ils été atteints ?

En début d’année « scolaire », mon objectif principal a été, (était et est toujours) de m’équiper d’un sac à dos pédagogique FLE (programme, palettes d’animations/variantes, supports et outils divers) en parallèle à un sac à dos de communication pour le participant.
Ceci dans l’optique à court terme de pouvoir le/les mettre à disposition d’autres formateurs/trices et de produire à moyen terme un ouvrage utile, une mallette pédagogique..
- création cette année de pochettes/animations thématiques avec outils, de fiches et jeux de cartes – amélioration d’animations et variantes – essais et tests – mise à disposition des outils FLE et recherche variantes alpha avec formateurs/trices –

Mon deuxième objectif était (et est encore) de pouvoir articuler les nouvelles technologies avec l’apprentissage du français, dans le cadre d’ateliers multimédias ; le détachement de 7 hres/semaine à Teknoweb a élargi mon champ d’investigation et a gonflé mon expérience.

Le troisième était (et est donc) de travailler par projet, de produire par exemple de petites réalisations avec les participants (sketches avec marionnettes sous forme de vidéo, jeu de l’oie…) ou de créer des évènements (expo virtuelle, …)
- expo virtuelle Escher, montage Powerpoint de sketches avec Rose et ses apprenants,
liste de sites d’apprentissage du français testés par mes participants FLE, … idée marionnettes reporté à l’an prochain avec Kasmia ?

Le quatrième est (et était) de m’intéresser davantage à la phonétique (et musicalité de la langue)
- j’ai davantage travaillé cette année sur la discrimination auditive (in, on, en, …) et utilisé la phonétique comme prétexte à l’apprentissage (« Bonjour, Madame, est-ce que vous avez… ? » et une liste de mots en « eu »)

Bilan global

Comme on le lit précédemment, j’ai le sentiment que, cette année (comme par ailleurs les précédentes), j’ai pu mener à bien mes propres objectifs, ou tout au moins ai-je pu les mener à mieux.

J’ai aussi eu l’occasion de travailler en toute autonomie tout en répondant, je pense, aux exigences de ma fonction et en « jouant » mon rôle de collègue, voire à l’occasion de formateur d’adultes (vis à vis des pairs ou d’autres).

Nous avons également réussi à spécifier et harmoniser l’accueil de l’axe FLE, à alléger tant que se pouvait la procédure pour le participant… et la nôtre !

GROUPE FLE DEBUTANT
7 heures à raison de
3 séances / semaine
lundi 9h30 – 11h30
jeudi 13h30 - 16h00
vendredi 13h30-15h30
+ possibilité d’atelier TICE
42 h réparties sur l’année

Module 1 –
OCTOBRE-DECEMBRE 2004
18 inscriptions
11 participants (+ de 10 heures de présence)
(dont 2 réinscriptions de l’année précédente)
7 femmes, 4 hommes
Mixte, multiculturel (6 pays d’origine)

Le groupe

Noyau dur de 5 personnes très assidues, appliquées, « scolaires »,
dont 3 plus particulièrement
L’influence du ramadan (mi-oct à mi-nov 04) n’a pratiquement pas affecté le taux de présence.
Par contre, mi-décembre, le groupe s’est soudainement effrité, entre autre pour raisons de travail au noir, familiales, etc.

Méthodes et moyens pédagogiques

Parcours de thèmes divers (le temps, les vêtements, les achats, la nourriture, la famille, le village, la maison, …) formant grosso modo un programme (localisateurs dans le temps et l’espace, phrases basiques, vocabulaire, …), à travers diverses animations créées de toutes pièces et divers outils (color cards, folders pubs, …)

Moyens particuliers mis en œuvre

Création de pochettes d’outils-types d’animation.

Effets concrets et évaluation des apprentissages
(décembre 2004)

Trois participants commencent à communiquer en français et, comme bien souvent, cela se constate davantage lors des pauses (derrière la cigarette ou devant la fontaine d’eau).
C’est ainsi que, en décembre, une participante exprime le désir de passer en FLE MED pour « avoir plus de grammaire » mais aussi « parce que ce sont des cours du soir et qu’elle a trouvé un petit travail les après-midis », et une autre veut se réinscrire au module 2 pour « voir une fois encore tout ce qu’on a vu », et qu’une troisième s’est inscrite ailleurs, dans une « école avec plus d’heures par semaine pour aller plus vite ».
Une participante (femme de boulanger turc) dit que « maintenant, je dis combien d’argent au magasin ».

Module 2 –
JANVIER-JUIN 2005
20 inscriptions
17 participants (+ de 10 heures de cours et dont 3 réinscriptions du Module 1)
11 femmes, 6 hommes
Mixte, multiculturel (12 pays d’origine)

Le groupe

Noyau dur d’une dizaine de participants, tout aussi assidus, appliqués, « scolaires » et davantage participatifs qu’au module précédent.
Plus anecdotiquement, j’y retrouve deux anciens participants de Point Babel (ça date de 2000-2001 !), qui n’ont plus suivi de cours depuis, et qui ont… retrouvé ma trace !

Méthodes et moyens pédagogiques

Idem module 1 mais davantage de travail sur la phonétique. Accentuation sur l’immobilier (vente, location, emprunts bancaires, petites annonces, …)

Moyens particuliers mis en œuvre

Travail sur banque d’images, verbes et vocabulaire : discrimination auditive (voire orthographique).
Accroissement et perfectionnement des pochettes d’animations-types (plus de 50 à ce jour).

Effets concrets et évaluation des apprentissages
(juin 2005)

La participante albanaise qui a suivi les deux modules parvient à communiquer aujourd’hui sur à peu près tous les sujets.

Un participant turc a mémorisé un vaste vocabulaire mais ne parvient pas (n’ose pas encore à mon avis) les agencer en phrases (autres que les plus courantes, globalement « formules de politesse »).

Trois participantes (angolaise, palestinienne, algérienne) parviennent à communiquer par phrases basiques, mais toutes trois connaissaient au départ (en janvier) un peu de vocabulaire en français. .

Par contre, les deux nigérianes qui sont là depuis 2003 ( !) en sont toujours à « bonjour » et « au revoir, meussieu Be’na’d ». Elles viennent très irrégulièrement aux cours et je ne comprends pas très bien leur motivation. Pourtant, je leur ai posé la question.(en anglais), à maintes reprises et la réponse « chaque jour qu’on vient ici, on apprend quelque chose » ne me satisfait qu’à moitié.
Par contre, - et si on se réfère aux difficultés qu’a vécu mon groupe FLE DEB nigérian de l’an dernier (au sein duquel elles se trouvaient) -, elles se sentent bien à l’école mais l’utilisent un peu comme elles utilisent leur « église évangélique », lieu de rendez-vous, de rencontre, d’aide et d’entraide ou encore lieu de rendez-vous pour déposer leurs courses ou pour faire une pause pipi en dehors des heures de cours.
Somme toute, et c’est très marquant chez tous les nigérians que j’ai eu l’occasion de connaître, elles viennent davantage chercher à la Locale un cadre communautaire qu’un cadre scolaire.

C’est par ailleurs la tendance générale d’une bonne moitié des participants FLE, moins exprimée ou effective peut-être, mais néanmoins présente.
Tout le débat sans doute autour d’une articulation entre l’apprentissage, l’éducation permanente, et le travail social communautaire !

Enfin, signalons que je n’ai pas organisé d’entretien individuel formel, parce que, tout au long des semaines, je « réserve » plusieurs moments pour pouvoir communiquer en seul à seul avec chaque participant (lors des pauses que je fais systématiquement en leur compagnie, lors d’exercices individuels, des ateliers TIC personnalisés., ou encore avant, après les cours, lorsqu’ils passent pour telle ou telle question administrative.
Il me semble que j’en apprends davantage sur eux (et, partant, leur apprentissage) dans la multiplication de ces moments informels, que lors d’un seul entretien de fin d’année/module.

GROUPE FLE MEDIUM SOIR
détachement à la Maison des Enfants mais les cours se donnent à la Locale Ouest pour raisons pratiques
4 heures à raison de
2 séances / semaine
mardi 18h00 – 20h00
jeudi 18h00 - 20h00
+ possibilité d’atelier TICE
42 h réparties sur l’année

Octobre 2004 – Juin 2005

Un seul module pour toute l’année.
Néanmoins, certains ont arrêté en cours d’année (raisons diverses) et ont été remplacés par d’autres.

Le groupe

Il est important de signaler que la demande de cours en soirée ne se justifiait en septembre que pour 1 seule personne (et encore, travail au noir).
Le choix des cours du soir s’est surtout fait par défaut de ne pas avoir de cours FLE Méd du jour.
Ce n’est qu’en cours d’année que sont venues 2 autres femmes (travail au noir également) et que 6 autres participants sur 22 ont trouvé un travail en cours d’année, la plupart dans le cadre de l’art. 60.7 ou 61 de la loi organique des CPAS.

Groupe très dynamique et très en demandes pointues à propos de la langue : prononciation, éclaircissement ou nuances de vocabulaire, la grammaire évidemment, tous les petits-mots (article, préposition, conjonction, …), etc.
Groupe très solidaire, très ouvert, aimant le débat.
Ainsi, il est arrivé qu’ils commencent spontanément un débat (la religion, la liberté de la femme, le mariage en blanc, …) dès 18 heures jusqu’à 18h30/45, voire au delà.
Comme ils ne pouvaient communiquer qu’en français (seule langue commune), j’ai bien entendu lâché prise à ces « tables de conversations sauvages » et y ai tout naturellement participé, entre autre en « jouant » un rôle d’animateur : reformulations, recentrages, médiations éventuelles, …

Des liens privilégiés se sont noués entre certains et cela a renforcé la dynamique de groupe en cours d’année, même lorsque de nouveaux inscrits nous ont rejoints.

Méthodes et moyens pédagogiques

Avec les FLE MED, j’en appelle toujours dès le début à ce qu’ils participent en permanence à l’élaboration du programme des cours.
Même si j’ai repéré (à force) un tronc commun de matières (les petits-mots – leur hantise !, la conjugaison – voyage temporel et nuances, etc.), je suis toujours ouïe ouverte pour les demandes spécifiques de chaque groupe, que je greffe alors à l’arbre, quitte à reporter parfois certaines demandes à plusieurs semaines si nécessaire (exemple : la différence entre l’imparfait et le passé composé est une demande fréquente du départ, mais prématurée et à laquelle je ne réponds qu’en fin de module).
Cette année, deux participants m’ont « assisté » en permanence afin d’ajuster les diverses demandes du groupe, tant en FLE qu’en TIC.

Moyens particuliers mis en œuvre

Ce qui est particulièrement difficile dans un programme de cours FLE MED, c’est,

d’une part, de fixer une limite à la matière vue, (qui soit aussi en quelque sorte le seuil d’un apprentissage de niveau FLE + PLUS).
Pour exemple, en grammaire, l’utilisation du subjonctif ne sera abordé que de manière intuitive tandis que le conditionnel – plus utile à la communication directe – sera mis en rapport avec un futur « in’challah ».

et, d’autre part, d’inventer des animations au sein de certaines matières ardues (grammaire, conjugaison, orthographe d’usage, …) alors qu’on serait tenté par une formule de cours ex cathédra ;
ainsi ai-je utilisé les consignes pour aboutir aux rubans de Moëbius afin de sensibiliser à l’impératif, puis des recettes de cuisine utilisant l’une l’impératif, l’autre l’infinitif ;
ainsi ai-je couplé débat et conditionnel (« Si j’étais Premier Ministre dans mon pays, ensuite en Belgique… ») ;
mais il est clair que cela demande au formateur une maîtrise certaine de la langue française, beaucoup d’imagination, de recherches, de tâtonnements et donc énormément de temps de préparation et de peaufinement.

Effets concrets et évaluation des apprentissages

Même note que pour les FLE DEB, par rapport à des entretiens formels en fin d’année, d’autant plus que, vu notre facilité de communication, certains me contactent en permanence et même pendant les vacances (ex : l’une est venue me demander une disquette d’exercices sur Internet parce qu’une amie venait d’acheter un PC, une autre est venue pour trouver des cours de rattrapage en français pour sa fille, etc.)

Ce « suivi » fait partie, selon moi, d’une dynamique bien plus globale des groupes. Ainsi, depuis mes premières expériences à Point Babel voici cinq ans, j’ai toujours considéré et exprimé qu’un participant était « membre adhérant à vie de mes cours de français » et cela m’a permis nombre de fois d’avoir un feed-back de l’apprentissage et de l’évolution des participants. Aujourd’hui encore, je rencontre des participants de la toute première heure…

La plupart des 22 inscrits ont fait de sérieux bonds en avant : selon leur et mon propre point de vue, ils utilisent aujourd’hui (juin) de meilleures constructions de phrases, une argumentation orale plus élaborée, des réflexes plus systématiques (discriminer certains types de sons, réfléchir à un accord grammatical, prendre un dictionnaire, regarder davantage la télévision en français, aborder la vie quotidienne avec de nouvelles tournures de phrases, …).
Pour 3 participants, « j’ose à présent me lancer en français, même avec des gens qui parlent ma langue ».
Pour 2 autres, le bilan est plus marquant encore : à présent, ils conversent aisément en français (avec une myriade de fautes, bien sûr) mais ils ont bel et bien franchi le cap de la connaissance passive pour enfin l’activer.

Enfin, pour l’anecdote, je dispose aussi d’un « fan club », trois anciens de l’année 2003-2004 qui viennent pour se perfectionner encore, dont 2 sans papiers qui n’ont pas accès à la Promotion Sociale pour aller plus avant dans l’apprentissage.
L’un de ces deux derniers, parmi les plus présents, connaît mes animations de l’an dernier par cœur et est désemparé quand je n’aborde pas un sujet avec les mêmes outils-animations, ce qui est d’ailleurs souvent le cas (sinon je m’ennuierais !). Néanmoins, lorsque j’en arrive au cœur du sujet, il m’est un « allié-mémoire » extraordinaire.
L’autre vient plus ponctuellement, au gré de ses disponibilités (il travaille au noir) et est aujourd’hui d’un niveau FLE + PLUS, à tel point que les autres lui ont demandé « qu’est-ce que tu fais là, tu connais tout ! ».
« Avec Monsieur Bernard, on apprend toujours quelque chose, même quand on croit qu’on connaît bien… », fut la réponse.
Allez ! Arrêtons cette autosatisfaction… Mais ça fait du bien quand même, de temps en temps, de tels retours de « flamme », non ?
Et, quant au troisième, qui « a les papiers » et est en quête de travail, il ne vient plus au cours depuis février (lui aussi aurait aujourd’hui besoin de plus alors qu’en septembre 2003, il ne connaissait pas un seul mot). Néanmoins, nous nous rencontrons épisodiquement, pour des questions de CV ou à propos de divers documents.

Anecdotique ou pas, ceci et cela fait aussi partie d’une dynamique plus « globale » des groupes.


ACTIVITES PONCTUELLES

EXPOSITION VIRTUELLE
23 mars – 23 avril 2005
Locale Ouest – Salle 11
M. C. Escher

http://www.echecsetmaths.com/eischer/demo.htm
nous donne un joli petit diaporama des oeuvres du peintre ; ne vous perdez pas en route !

Les FLE considèrent en général que le cours de français est exclusivement fait pour apprendre le français. Scolarité, quand tu nous tiens !
Par conséquent, ils n’estiment pas qu’une visite extérieure (musée, expositions, quartiers, …) fasse partie de la formation, d’autant plus que nombre d’entre eux ont déjà visité quelques musées, quartier historique, etc.

Aussi me suis-je dit, entre autre : « s’ils ne vont pas à l’art, l’art viendra à eux ».

D’où l’origine de cette expo virtuelle, comme une « vraie » : 9 œuvres exposées aux murs (agrandissement photocopies, cadres papier de couleur – c’est pourquoi j’ai, entre autre, opté pour des gravures noir et blanc à l’origine), affiche avec dates et horaires de l’expo, ouvrages de références et même livre d’or.

C’était un coup d’essai, improvisé et préparé en finalement peu de temps, destiné à mes seuls participants (FLE déb et FLE Méd) et je n’envisageais pas utiliser cet outil plus de 2 séquences par groupe.

Exemples de séquences d’animations

FLE DEB

Question 1 : « J’aime, je n’aime pas : pourquoi ? »
Styles de réponse : « J’’aime parce que c’est un dessin, parce que c’est en noir et blanc, parce que c’est beau, parce que j’aime l’artiste » et « Je n’aime pas parce que je ne comprends pas, parce que c’est difficile, parce qu’il n’y a pas de couleurs » ou « je ne sais pas ».
Question 2 : « A quoi cette gravure vous fait penser ? (cf reprod. gravure ci-contre) ».
Réponses : « … à une caserne, à un château, à un musée, à une prison, à la maison du président, à la commune (maison communale) »
Travail oral et écrit sur ces questions (+ 2 séquences supplémentaires de FLE, sur le « parce que » et la négation)..

FLE MED

Nous avions déjà abordé en février les « rubans de Moëbius » (l’un des supports pour travailler l’impératif via les consignes pour les construire), ce qui était en quelque sorte une introduction au travail de Escher.
Séquence-débat sur les 9 œuvres présentes, avec commentaires divers « c’est noir, triste », « ça fait peur », « pas de couleurs », « c’est vieux », « j’ai l’impression de tomber dedans et ça me donne le vertige » ou « c’est mathématique », « j’aimerais bien dessiner comme ça ».
« Si je vous offre l’une de ces reproductions, est-ce que vous la mettez au mur à la maison… ? ». Un seul oui. « Pour me faire plaisir ? ». « Oui ! ».

En a découlé une discussion sur la peinture en général, « pourquoi tout le monde dit que La Joconde c’est beau ? », « c’est quoi, la peinture belge ? », « je ne vais jamais à une exposition », « j’aime les peintures qui sont comme des photos », « j’aime les peintures gaies », « j’ai vu à la télé une peinture toute blanche avec un carré avec un blanc différent : c’est bête ! (Malevitch ?) « .
Ensuite, il y a eu des questions d’ordre plus mathématique (règles de perspective, trompe l’œil, …) auxquelles j’ai heureusement pu répondre.

Bref, même si Escher n’a pas rencontré un franc succès en tant que graveur/dessinateur, mon initiative par contre a éveillé quelqu’intérêt et quelque lueur dans l’œil tant de mes participants que de mes collègues/formateurs.

L’an prochain, j’imagine rééditer l’expérience, en choisissant les peintres en commun avec d’autres formatrices/teurs intéressé(e)s par le projet, mais cette fois avec davantage de préparation (l’histoire du peintre dans l’Histoire, animations plus « cossues », livre d’or plus élaboré pour groupes FLE ou alpha écrit, etc. et avec, par exemple, pour amener la couleur, des reproductions peu onéreuses « les chefs d’œuvres de l’art »…

Et pourquoi pas par la suite, une expo qui, cette fois, ne serait plus virtuelle ? Pourquoi pas une expo itinérante dans les diverses Locales ?

CONCLUSIONS, REFLEXIONS ET PERSPECTIVES ?

1. Chaque année et chaque groupe (de surcroît toujours différent des précédents) apporte son lot de « rebondissements » : expérimentation / affinage d’outils, adéquation de l’offre par rapport à la demande, …, voire, insatisfactions de temps en temps par rapport au travail effectué, difficultés à élargir sans cesse son horizon ou lassitude parfois face à certaines animations, même parmi les plus efficaces, …
Mais, pour éviter la redondance, concernant les points forts de cette année, je renverrais aux premières lignes et aux « entrelignes » de ce présent rapport, ainsi qu’au rapport TIC joint à celui-ci.

En un mot comme en cent, j’ai beaucoup apprécié le cru 2004-2005, notamment par le fait d’avoir pu combiner FLE et ateliers TIC au sein de mon travail de formateur.
Aujourd’hui, après quelques années d’expérience (près d’une trentaine de groupes) en FLE et deux fois plus d’années en animation de groupes, je me sens désormais plus à l’aise, … et plus créatif encore.

2. L’horaire hebdomadaire dont je disposais cette année
(à savoir
7 h 00 + 4 h 00, soit 11 h 00 heures de FLE
(+ 5 h 30 prépa)
7 h 30 de TICE (+ 3 h 45 prépa base)
3 h 00 de réunion
3 h 00 formation TICE
et 3 h 00 en plus pour préparation salle et outils TIC, et maintenance TICE)
m’a semblé plus ou moins adéquat.

Je me rends compte toutefois,
d’une part, que ce « confort » provient entre autre du fait que ma « bouteille » et mon expérience facilitent mes préparations FLE
et, d’autre part, que je n’avais pas à gérer (dans la mesure de mes compétences) cette année un parc informatique de près de 20 PC, ce qui le sera peut-être l’an prochain.

Il faudra donc sans doute reconsidérer cette répartition horaire. Néanmoins, d’un point de vue pédagogique évident, je tiens à garder la combinaison des deux casquettes FLE et TIC, quitte à en revoir les proportions.
D’un autre côté et cette fois, du point de vue des apprenants, je trouverais pertinent de maintenir à la Locale au minimum deux niveaux DEButant et MEDium, ce qui permet une formule modulaire.

En ce sens, pourquoi ne pas m’associer à un/e autre formateur/trice de la Locale ?
Je pense par exemple qu’un groupe FLE DEB ORAL peut avoir beaucoup de similarités avec un groupe ALPHA ORAL DEBUTANT, à la différence que le premier sera sans doute plus rapide à monter de niveau.

3. Dans l’avenir, j’aimerais beaucoup poursuivre la création de nouveaux outils pédagogiques (ou repérer ou réactualiser d’anciens), les tester et les expérimenter, les lister et les réunir dans une mallette pédagogique – qui peut être virtuelle (ex : sur site WEB).
De même, j’aimerais accentuer la visibilité du travail FLE et TIC par de petites productions (à suivre…).
Bien entendu, tout cela en collaboration et co-animation étroite avec d’autres formateurs, si possible, et les participants eux-mêmes, de toute façon.

Bernard.

Wednesday, March 22, 2006

Bonjour...

Ce blog est la prolongation de http://flealpha.blogspot.com qui reprend une liste de sites pour l'apprentissage du français langue étrangère (FLE) et de l'alphabétisation.

Celui-ci reprendra des types d'animation FLE utilisables dans les groupes.

Il est le petit frère de http://animalpha.blogspot.com qui s'intéresse aux animations en alphabétisation et de http://animatique.blogspot.com qui s'intéresse quant à lui aux animations dans les ateliers informatiques liés à l'apprentissage du français.

A bientôt !

Bernard.