Wednesday, September 20, 2006

RAPPORT Bernard FLE octobre 2005- juin 2006

RAPPORT D’ACTIVITES 2005-2006


1. FLE DEBUTANT


le groupe

Une quinzaine de participants au long de l’année et une dizaine de « fidèles ».
Les raisons des désistements momentanés ou définitifs sont connues : l’un est retourné trois mois au pays pour raison familiale, deux ont acheté une maison et y ont emménagé, une autre est partie habiter en Flandres, quelques petits cas de maladie. Le fait est assez rare pour le pointer : à chaque fois, j’ai été prévenu de visu, ce qui m’a permis de moduler le contenu des « cours » (des révisions de-ci de là, …) afin entre autre de ramener les absents momentanés dans le bain.
Trois personnes sont arrivées en cours de route (second trimestre).
Majoritairement féminin (un seul homme, accepté et acceptant !), de diverses origines (Turquie, Pakistan, Afghanistan, Bulgarie, Algérie, Nigéria, …), le groupe a fait montre aussi d’une solidarité spontanée peu commune (particulièrement au niveau des matières vues).
Point d’orgue : l’invitation du groupe entier dans la nouvelle maison acquise par deux participantes turques (belle-mère et belle-fille), invitation organisée entre-eux en toute autonomie et à laquelle je n’ai d’ailleurs même pas participé (cause de congé maladie).
Niveau FLE du groupe : fracturé en deux « clans », aucun vocabulaire français pour le premier, communication pour le second. J’avais fait le pari du « soutien » du premier par rapport au second. Pari gagné, apparemment.

le contenu des animations FLE (à titre indicatif)

OCT-DEC 2005
Présentation/rédaction fiche test
Test niveau du groupe
Latéralité dans l’espace
Les couleurs, les chiffres, les nombres, les opérations
Les mesures
Les jours de la semaine, les mois
Les vêtements
La famille
Est-ce que ?
Fruits et légumes
Le corps humain
La phonétique de base
L’appartement, la maison
Les meubles, les appareils ménagers et le multimedia
Le village, la ville
Re-latéralité (à pieds, en voiture, en métro, en train, …)
FEV-JUIN 2006
Révisions
Recette de cuisine
Le corps humain (organes internes)
Les maladies (la tuberculose)
Organisation des mots dans la phrase
Les sons, prononciation des consonnes
Informatique (word)
Les verbes d’action et autres
Les achats
Au téléphone (SAV 4 – Pourquoi pas !)
Compréhension textes écrits par FLE MED
Passé composé, présent, futur proche
Verbes avoir et être
Comparaison d’images
Recherche sur Internet
Révisions, tests de niveau individuel
Le français dans la vie quotidienne
les méthodes, moyens et supports
diversifiés, en fonction des besoins et/ou des demandes du groupe
basés sur mon expérience personnelle, un schéma articulant les matières à visiter
testing de nouvelles approches

un des moyens

Lecture plus – (ACCES éd.)
surtout la banque d’image s/base phonétique, verbes d’action, adjectifs, …

J’avais testé ces pages d’images au troisième trimestre de l’an dernier, à vrai dire sans trop de conviction, mais en quête de nouveaux supports visuels.
Deux éléments importants me sont néanmoins apparus : d’une part, leur agencement par « sons » qui permettait de différencier phonétiquement par exemple u et ou, p, b et d, k et s, etc. (mais encore orthographiquement – ex : en, an, in, ain, ou c et ç) et, d’autre part, de la récurrence au long des séquences des images selon les divers sons-syllabes des mots (ex : rai-sin, pois-son, am-bu-lan-ce, …) qui permet à terme à une mémorisation orale et écrite des mots.
Aussi ai-je tenté cette année de m’appuyer davantage sur cet outil en enrichissant son usage.
Un vocabulaire hors contexte n’a selon moi guère de sens.
Contextualiser chaque série de mots en fonction des matières traversées a bien plus de sens et apporte aussi le non-sens ou d’autres thématiques inattendues.
Exemple : « Bonjour, Madame, est-ce que vous vendez des pelles, des pantalons, des parapluies, des poires, des… policiers ? » Le non-sens apparaît subitement, non sans humour. « Non, Madame, je n’ai pas de policiers mais des pandas ! ». « Ah bon ? Et est-ce que ça se mange, un panda (ou de l’hippopotame !) ? ». Pas dans mon pays… Chez moi, oui…
Et vogue le dialogue, voire le débat, en parfois très peu de mots.

Les pages de verbes d’action m’ont encore permis d’introduire des bases de conjugaison (groupes er : marcher… je marche…mais lire… tu lis, nous lisons… et écrire… elle écrit, vous écrivez, … etc.) et de grammaire (compléments : je marche où ? avec qui ? quand ? )

les effets concrets des apprentissages

Ce n’est pas à mon sens en une seule rencontre que l’on peut soulever des effets concrets et, même, encore faudrait-il que le/la participant(e) ne fasse pas lui-même confusion entre « rencontre individuelle » et « examen oral » !
Les effets concrets se constatent toute l’année durant.
Ex : une participante qui me dit réviser les mots en faisant sa vaisselle, un autre qui me raconte les chaînes de télé francophones qu’il regarde, une troisième qui m’explique qu’elle comprend mieux le journal de classe de son fiston, une autre encore qui commence spontanément (et correctement) une phrase « Monsieur, est-ce que je peux… » mais qui, faute de suffisamment de vocabulaire, ne poursuit qu’en phrases déstructurées (langage Tarzan), voire des moments de pause où, en individuel, ils osent parler avec moi dans le français approximatif qu’ils connaissent mais aussi où tous communiquent entre-eux en français (forcément, vu leurs diverses langues d’origines), …et j’en passe.
Bien vu, bien entendu, le FLE suit souvent une autre logique que celle de l’alphabétisation !

activités ponctuelles

autour de l’achat immobilier

16, 13, 17 et 20/03/06 Animations s/ thèmes de la maison/l’appartement (les pièces, les meubles), de la location (petites annonces, contrat de bail, …) et de l’achat immobilier (emprunts, prix, rénovation, transformations, …) + préparation autonome du groupe à la visite de la nouvelle maison acquise récemment par deux participantes de la même famille – 4 x 2h00 (10 participants)

23/03/06 Les apprenants vont prendre le café pendant les heures de cours chez deux des participantes – 1 x 3h00 ( 8 participants)

24/03/06 Feed back en table de conversation – 1 x 1h00 (8 participants)



conclusion pour ce groupe FLE DéB

Pour rappel mes congés maladie de tout le mois de janvier ont déstabilisé le groupe. Il a fallu jusque mi-février pour que les participants reviennent plus ou moins régulièrement, et re-belote après les vacances de carnaval et un mini-congé maladie en sus… tout était à nouveau à refaire, tant bien que mal.
Sinon, comme déjà sous-entendu ci-plus haut, rien que du bonheur !
C’est là que l’apprentissage convivial a pu avoir du sens : il est assez rare qu’un groupe crée spontanément une dynamique interne à l’initiative de quelques participants, entre autre deux d’entre eux qui revenaient pour la seconde fois en FLE DéB. Ces deux-là se sentaient chez eux, s’étaient appropriés « l’école », et ont fait tache d’huile. C’est là également qu’un travail social communautaire au sein de l’apprentissage peut également trouver son sens..

Plus strictement pédagogiquement, les progrès de chacun/e ont été très rapidement repérables et observables, d’autant plus que certains suivaient les cours avec beaucoup d’assiduité.

L’an prochain, cinq sont censés se réinscrire : trois passent en FLE MED, une repasse un sas de FLE DéB avant d’envisager d’aller plus loin, une dernière reprend le FLE DéB au départ car elle s’est inscrite en cours d’année (février).
Pour la plupart, le fait que le FLE MED soit en soirée constitue un frein (pour diverses raisons personnelles) ; mais je ne vois pour le moment guère de solution, à moins de créer deux groupes FLE en journée, un DéB et un MED, ainsi qu’un MED en soir, …en quel cas deux formateurs FLE seraient absolument nécessaires.


2. FLE MEDIUM

le groupe

Une quinzaine de participants au départ, d’origines diverses (Maroc, Algérie, Turquie, Colombie, Bulgarie, Ghana, Roumanie, Brésil), 2/3 féminin, 1/3 masculin.
Désistements en cours d’année : l’une est enceinte et va accoucher au pays, trois ont trouvé un travail, dont l’un rencontre ses clients (bâtiment) en soirée, un autre a été longuement malade, une autre encore est retournée au pays (problèmes de papiers), un autre encore (un ancien) ne trouvait pas le niveau du cours assez élevé, … Même si j’ai été mis au courant de toutes ses raisons, il n’empêche que l’effritement du groupe ne facilitait guère la démarche pédagogique. Cela a également provoqué la difficulté de créer une quelconque dynamique de groupe : les sous-groupes de plus ou moins même origine sont restés soudés. Il y a parfois même eu quelques tensions (sages, au demeurant) entre Pays de l’Est/ Turquie et Maroc/Algérie. Tant et si bien que de nouveaux arrivants ne sont pas restés et que le groupe était disloqué dès le mois de mai. Evidemment le fait de mon congé-maladie de janvier n’a guère arrangé les choses.
Le niveau de base en français était plus ou moins homogène mais trois personnes (Turquie/Maroc) qui avaient appris à parler français « sur le tas » n’avaient pratiquement aucune connaissance en lecture/écriture.
Bref et comme quoi : un groupe n’est jamais équivalent à un autre !

le contenu des animations FLE (à titre indicatif)

OCT-DEC 2005
Présentations orales et écrites + (correction)
De, d’ et du (je viens du Maroc, je viens de Bulgarie, je viens d’Egypte)
Le retard (raconter anecdote du passé avec un retard)
Bonjour dans toutes les langues / Le présent dans tous ses états)
Verbes utiles / Verbe être dans tous ses états
Les pronoms personnels
Le futur dans tous ses états/Le futur proche
Il / On / Les prépositions
Discrimination de sons, différenciation
Passé composé et intro aux autres conjugaisons utiles (modes et temps)
Visite du Bescherelle
Le complément du verbe
Structuration de la phrase
Les sons faux-frères
FEV-JUIN 2006
Le nom propre et commun / nombre et genre
Recherche au dico / Mots flêchés
Caractères et qualités / Contraires
Les expressions de temps
Lecture et compréhension de textes
Articulation de la phrase
Liaison phonétique
Mais
Définir les mots

les méthodes, moyens et supports

diversifiés, en fonction des besoins et/ou des demandes du groupe
basés sur mon expérience personnelle, un schéma articulant les matières à visiter
testing de nouvelles approches

un des moyens

Mes fréquents voyages en train m’ont suggéré l’analogie entre un convoi ferroviaire et la structuration des phrases en français. A présent, je l’utilise tout au long de l’année : oui, nous jouons au train électrique !
Par exemple, le conducteur est « le sujet qui anime », la locomotive est « le verbe », les wagons sont « les compléments », les points d’attache des wagons sont «les prépositions » et quand il n’y en a pas, il s’agit de wagons à plusieurs compartiments (idem pour les « compléments de nom, adj. qual., etc. »), deux trains qui se scindent en chemin ? Ce sont « les conjonctions » ou…, et ainsi de suite.
De même, aller d’une gare à l’autre, c’est une voie de « communication » et arriver en gare à la bonne voie (voix ?), c’est « message arrivé et reçu » ; et même le « feed-back », les « compléments en début de phrases », les retards SNCB ou les changements de voie y trouvent leurs analogies…
Cela n’a l’air de rien, mais cet artifice contribue énormément à la compréhension et à la structuration du discours parlé ou écrit, même si (par choix et pour ne pas encombrer les mémoires) je ne parle que très peu en termes de grammaire, sauf « dans le coin supérieur gauche du tableau, pour celles et ceux qui veulent faire de l’excès de zèle, le nez dans une grammaire ou dans les exercices que je leur propose sur le gratis-Net ».

les effets concrets des apprentissages dans la vie quotidienne.

Outre le fait que les participants ont filé entre mes doigts comme des poissons, j’aurais assez difficile de situer le niveau de connaissance actuel de chacun(e), excepté deux ou trois plus « fidèles » dont j’ai pu remarquer l’évolution en cours d’année. L’une (Bulgarie) entre en formation qualifiante l’an prochain (Aide-familiale), une autre (Colombie) compte bien élargir son milieu, son entourage, pour pratiquer davantage. La troisième recherche un cours avec plus d’heures/semaine.
C’est également lors des moments de pause que j’ai pu les « surprendre » dans leur pratique réelle de la langue, toujours positivement, du reste.
Je pense que ces instants sont à privilégier : nous avons souvent de réels dialogues en tête-à-tête et, quant aux autres, cela consiste le plus souvent en une table de conversation informelle.

activités ponctuelles

sur la comparaison des pays d’origine avec le pays d’accueil
(prétexte grammatical : les conjonctions « mais » et « et »)

18/04/06 Animations orale et écrite s/le thème « ce que j’aime dans mon pays, c’est… mais… » 2 h 00 (7 participants)
20/04/06 « ce que j’aime en Belgique, c’est… mais… » - 2 h 00 (9 participants)

(pour le contenu des textes, cliquer sur http://animafle.blogspot.com/ )


conclusion pour ce groupe FLE MED

Je pense que toutes les difficultés rencontrées avec ce groupe ont déjà été émises au début de ce rapport.
Il me semble que le fait d’avoir été malade en janvier 06 a quelque peu cassé le rythme de l’année, à savoir que, d’ordinaire, j’articule deux modules pour une année FLE MED SOIR, d’octobre à février et de février à juin (cf rapports précédents)
Cela n’a donc pas été envisageable, d’autant plus qu’un court congé maladie en début mars a moins encore facilité la reprise.
D’autre part, le hasard des inscriptions a produit deux clans « culturels » (Musulmans et Pays de l’Est) qui – je le sais par expérience - ne sont pas toujours faciles à rendre compatibles. Comme quoi les circonstances dépassent parfois les compétences, ou vice versa.

Néanmoins, au niveau du travail TIC avec quelques membres de ce groupe, les résultats sont réels : deux participants que j’ai coaché ont créé leur weblog en guise de carte de visite professionnelle (un en travaux de bâtiment et l’autre pour tous petits travaux – nettoyage, couture, garde d’enfants, …) et quatre autres ont objectivement évolué dans leur approche et leurs recherches (utile ou non) sur Internet. (Cf. plus tard rapport d’activités sur http://animatique.blogspot.com/).


3. CONCLUSIONS GENERALES

En plus des conclusions de chaque sous-rapport


Le petit souci de tension entre les deux « clans » au sein du groupe FLE MED m’a rappelé l’importance d’avoir (ou d’acquérir) des compétences en « dynamique de groupe ».
A mon sens, pour le/la formateur/trice, une telle compétence est nécessaire, voire indispensable, et parfois bien en-deça (et en amont) de l’apprentissage « brut » de la langue.
Briser l’esprit de clan, être médiateur/trice à l’occasion, composer des sous-groupes, etc. sont des outils essentiels à acquérir et à perfectionner, tout autant (sinon plus) que les aspects pédagogiques de l’apprentissage.
Il me semble que cet aspect essentiel du métier de formateur/trice n’est guère ou pas du tout évoqué, tant en interlocales qu’en « réunions pédagogiques ».
Et c’est dommage ! Je dirais même plus : pédagogie sans dynamique de groupe ressemble parfois à une voiture (ou un vélo) sans… roues (ou en roue libre !).


… perspectives à court terme ?


Lier davantage les cours de FLE au TIC, en introduisant très tôt l’approche du gratis-Net (exercices, règles, etc.)
Utiliser la formule blog pour chaque groupe FLE (journal de classe, carnet de bord), avec les prépas, les évaluations, les règles de français, leurs productions écrites ou autre, etc.
Inventorier coanimations possibles avec collègues
Inventorier les demandes TIC des partenaires par rapport à leurs apprenants


… perspectives du 4/5ième temps


Enfin, le passage à 4/5ième temps ne me permettra pas de finaliser tous les objectifs que je me suis fixés.
Ce sera à moi de dégager assez rapidement les divers points de priorité.

Bernard / juillet 2006

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